De l’importance d’utiliser toutes ses « qualités »

Il y a peu, j’avais écrit un article où je ne voulais plus entendre parler de la petite fille que j’étais. Ou que du moins je voulais réduire son influence au strict minimum. Je n’ai pas changé d’avis, mais j’ai compris que plutôt que de la bâillonner, mieux valait l’écouter sans me laisser gouverner par son avis.

J’ai été méchante. Très méchante. La petite fille en moi dont je t’ai parlé la dernière fois, j’ai voulu l’envoyer bouler. Ad vitam aeternam. La pauvre. Elle n’avait même pas demandé à être là et pourtant elle assurait loyalement la permanence depuis longtemps. Trop longtemps.

Alors dans un élan de bonté, je suis venue la rechercher. Bon d’accord… ce n’était pas seulement de la bonté, mais aussi de l’intérêt. Parce que lâcher les chevaux, c’est bien. Surtout dans le style. Et j’ai vraiment pris conscience que c’était ma valeur ajoutée et qu’il fallait que je l’exploite. Mais, j’avais donc de l’intérêt à vite la ressortir du placard parce que c’est elle ma caution « sérieux ».

C’est elle qui tient les clés de mon organisation. C’est cette petite fille qui était bonne à l’école, qui écoutait bien et qui sait de quoi elle parle. Moi, je suis juste la factrice : celle qui transporte le message, mais de manière un peu plus sympa que ne le ferait cette Manange !

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Ne rien renier, tout utiliser

Pourquoi en effet totalement renier ce côté-là de moi-même ? Parce qu’il a pris trop de place depuis trop longtemps ? Ce serait effectivement une bonne raison. Mais ce serait aller à l’encontre de ce que je suis. Depuis des années je reconnais que je suis un paradoxe sur pattes. Dans beaucoup de domaines. Dans tout en fait. Mais jusqu’à récemment, je n’avais pas compris que ce paradoxe pouvait être drôlement utile.

illustration du paradoxe entre sérieux et enthousiasme
Je suis ce poteau là, qui n’hésite pas entre oui et non, MAIS qui veut dire les deux justement !

Dans ce que je fais aujourd’hui par exemple, il est même primordial. Je suis persuadée que Marie Range, c’est la combinaison parfaite de ces deux personnages : la femme sérieuse qui est l’évolution 2.0 de cette petite fille dont je vous parle tant et la femme qui ne veut plus se laisser faire et ose enfin affirmer haut et fort ses convictions, ses choix, ses théories, etc… Même si ça ne plaît pas à tout le monde.

Cette petite fille donc, gage de sérieux et de rigueur, doit m’accompagner et non plus me guider. Je dois utiliser ses qualités, plutôt que de me laisser gouverner par ses défauts.

Trouver un équilibre

J’ai compris et je veux maintenant faire comprendre. Il y a peu, ma psy (oui, elle est très présente sur ce site vous êtes d’accord ?), m’a suggéré l’idée que Marie Range, c’était un peu un Janus. Alors, pour ceux à qui ça ne parle pas, Janus, c’est un dieu de la mythologie romaine, qui était représenté avec deux têtes.

Aparté. Connaissant la psy, ça n’a pas dû être un hasard d’utiliser cette image. Pour moi, Janus se contentait d’être un Dieu à deux têtes, donc deux facettes. Basta. Ma mythologie était pourtant visiblement rouillée (mot politiquement correct pour dire totalement à l’ouest). Comme d’hab, j’ai voulu vérifier ce que je racontais et être précise dans ma description.

Et sur quoi je tombe ? « Janus est le dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes. Il est bifrons (« à deux têtes ») et représenté avec une face tournée vers le passé, l’autre sur l’avenir » (merci Wikipedia). Tiens, tiens, ça ne te rappelle pas quelque chose ? La petite fille sérieuse, le passé, la femme enjouée, qui ne mâche pas ses mots et ose enfin s’affirmer sans se laisser marcher dessus, l’avenir.

statue double face
Marie Range, c’est la combinaison entre deux facettes désormais complémentaires : la petite fille sérieuse et la femme et mère avec de l’humour, de l’enthousiasme et de l’énergie !

Son analogie est donc plus exacte, car je suis plus un personnage avec deux têtes complémentaires plutôt que deux petits machins totalement différents qui se tirent la bourre.

Bon, Revenons-en à nos moutons. Quand ma psy m’a donc suggéré cette idée, je ne l’avais pas vraiment acceptée. Quand elle m’avait expliqué que cela ferait une bonne base de logo, voire de slogan, je n’ai pas vraiment été convaincue. Je pense que je n’avais pas encore compris. Pour moi, je pouvais être l’un ou l’autre de mes personnages (le petit diable ou le petit ange), mais pas les deux. Alors que si, bien sûr ! Je ne dois renier ni l’un ni l’autre, simplement trouver l’équilibre qui me convient.

Jusqu’à maintenant, j’ai certainement été trop sérieuse, au point d’en décourager du monde ! J’irais même jusqu’à dire que je trahissais le message que je voulais faire passer en le rendant totalement inintéressant, sans véritablement de passion.

Plus de prise de tête

Maintenant, je ne dois pas plus aller trop dans le sens inverse au risque de partir dans tous les sens et de, là aussi, nuire au message et aux idées que je veux faire passer.

Bon, il va falloir que je m’habitue et que j’apprenne à tenir les rênes parce que là j’y vais un peu trop vite et un peu trop fort, comme un gamin qui vient d’apprendre à faire du vélo et se casse vite la margoulette à trop en faire. Tu suivrais, toi, une nana totalement barrée, dont le discours n’a ni queue ni tête et qui n’a aucune cohérence dans ses propos ? Non !

Alors maintenant que je l’ai bien intégré, tu lis le discours de la nouvelle Marie Range : celle en qui tu peux avoir confiance, rigoureuse et fiable, agrémentée de celle qui va t’apporter tout ça sur un plateau avec joie et bonne humeur, sans te prendre la tête.
En fait, c’est tout simple, je veux juste être prise au sérieux… sans me prendre au sérieux ! Easy non ?
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