Libérée, délivrée, la vraie Marie (R)Ange est née !

femme forte qui dit merde-Ces dernières semaines, je me suis enfin libérée sur Marie Range

Si je garde dans un coin de ma tête cette petite fille, gage de mon sérieux et de ma rigueur, je ne me laisse plus gouverner par celle qui se retient trop de vivre. Car aujourd’hui j’ai évolué et je ne me reconnais plus en elle… et je compte bien l’affirmer haut et fort et vous le prouver !

Et allez, encore un site d’une feigna… mère au foyer qui se fait chier et se dit qu’elle va révolutionner le monde du blogging avec sa petite contribution et ses grandes théories. C’est pas faux. Soyons honnête, c’est le chemin que prenais encore Marie Range il y a quelques semaines.

Alors oui, je suis à la maison depuis 6 ans. Oui, l’image que je donne (et qui accessoirement me gonfle au plus haut point), c’est :  « viendez me lire, moi et mes conseils pour mieux vivre et bla et bla et bla,… », « ça va être trop bien de la life qui tue et on va être trop copines kikoulol », « je suis trop gentille et trop sympa, on va se partager des astuces. ». Mouhahahaha. Ceux qui me connaissent vraiment (et pas ceux qui s’arrêtent au vernis hein, c’est-à-dire 95% des gens), rigolent bien.

Elle est floue la Manange, elle est floue

Pourtant, je l’avais dit que je n’étais pas une conn*sse. Il y a longtemps même. Et effectivement, je n’en suis pas une au fond. Mais si y regarde plus près j’agis quand même beaucoup comme l’un des membres de cette espèce !

Je te raconte. Pour la centième fois (non, je n’ai pas de racines marseillaises), j’ai décidé de changer de thème et de préparer une nouvelle mouture du site (au moment où je relis ces mots, j’ai changé trois fois de thèmes depuis, mais cette fois, c’est bon !). Plus professionnelle, plus claire dans le concept, etc…

Sauf que je me suis retrouvée comme une conne, à très bien voir comment j’allais l’agencer, les grands thèmes, les grandes lignes… mais après ? Il n’était pas si mince mais il était beau, il sentait bon le sable chaud mon légionnaire, mais derrière il n’avait pas grand-chose dans la culotte !

Hé Cambronne, ramène ta fraise !

Mais pourquoi donc doudou dis-donc ? Première hypothèse ; je vends du flan, j’ai lancé des mots en l’air et je ne sais pas de quoi je parle. Oui… mais non. Je travaille dessus depuis tellement longtemps, j’ai tellement de notes, d’idées, de concepts, etc… que tout ça est solide. C’est plus con que ça. Au fond, je sais ce que je veux, ce que je ne veux pas (surtout) et quelles sont mes motivations profondes. Seulement quand j’ai voulu coucher tout ça sur papier (virtuel) et bien pouf, le trou noir. A pu la lumière à tous les étages la Manange. Plusieurs jours d’introspection, de discussion avec mon chéri d’amour à moi et ma psy (les deux finissent par un peu trop me connaître, ça m’énerve…) plus tard, j’ai compris : il faut que je dise merde.

caca emoji illustration du je dis merde
J’ai compris que pour avancer, je devais dire merde à une partie de moi… Et puis ils sont mignons ces petits cacas non ?

Merde à cette petite fille, alias la « moi sage et gentille, qui ne dit presque pas un mot plus haut que l’autre et qui ne veut froisser personne », qui bloque tout depuis des semaines voire des mois. Celle qui ne bouscule personne. Mais qui n’apporte rien à personne non plus… Pour être honnête sur Marie Range, je devais être honnête avec moi-même et donc ne plus me cacher derrière cette demoiselle pas du tout en détresse.

Pauvre petite fille chiante

Enfin voilà, ces derniers jours, je la voyais cette petite conn*sse (look la photo, elle a pas l’air parfaite ? elle donne pas envie de lui balancer des trucs, là-bas au premier rang ?). Je la voyais me dire, alors que je cherchais à me définir et à chercher la vraie moi, là, bien profond dans mon cerveau « nan, tu rentres pas, t’as des baskets, tu rentres pas« . Et moi j’ai fait quoi ? « Mais euuuuh, vas-y, c’est des belles baskets, regardes. Vas-y, fais pas ta pute« .

photo mak petite fille sage
Bon, ce n’est pas la photo que je cherchais, mais celle-là est tout de même bien représentative de ce que j’étais ! Pardon pour la qualité hein, années 80 powaaaaaaaa

Rien à faire. Elle a beau ressembler à la parfaite petite fille modèle, version années 80, avec le col qui sort du pull, toussa toussa, elle aussi difficile à bouger que le marteau de Thor par un autre que le beau gosse d’Asgard, cette gamine. Faut dire aussi qu’elle est là depuis longtemps. Elle connaît bien les lieux, a ses habitudes et prenait bien plus de place que la Marie Ange de maintenant. Pas physiquement hein, mais dans ma tête, mon comportement et mon écriture. En vrai, y a quelques, hum, kilos de différence, soyons honnêtes.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle est beaucoup moins présente au fil des années. Oui, j’en tiens une couche, mais je me soigne depuis longtemps. Je ne m’appelle pas Jésus, la joue, je ne la tends pas une deuxième fois quand on me file une baffe. J’ai même tendance, après des lamentations justifiées (Caliméro ? oui, c’est moi !), à avoir le pied qui me titille pour se rapprocher du fondement du baffeur susmentionné (#modelarmichettetellementquej’écristropbien).

Agis et assume !

A chaque gros coup dans ma jolie petite gueule mignonne et fragile, j’ai donc montré les dents. J’ai voulu montrer que non, on peut me mettre à terre une fois, mais on ne peut pas mettre à terre mille personnes… (qu’est-ce que je l’aime ce film !!). Sauf que j’en ai marre d’être comme les avions : à réaction (hum). Il faut que j’arrête de ne faire sortir la vraie moi que quand on m’y oblige, mais plutôt que je l’affiche tout le temps et encore plus sur Marie Range.

Nan, mais nan, je ne suis plus cette petite fille sage, lisse, polissée. Celle qu’on peut traiter comme de la merde parce que de toute façon elle ne dira rien, elle est trop gentille, elle ne veut pas en rajouter. Je ne suis plus la petite fayotte au premier rang de la classe. Est-ce que je l’ai été d’ailleurs ? Je veux dire, vraiment, au fond de moi. Non. Mais ce n’est qu’aujourd’hui, 38 ans après (oui bon ça va, je suis vieille et lente à la détente !), que je l’assume enfin.

On (re)change tout

Pourquoi je te raconte ça ? Parce que je n’ai plus de sous pour payer ma psy et que je veux faire pitié ? Non non, ça va merci. C’est plutôt parce que tout ça m’a fait comprendre que je me fourvoyais et bien comme il faut. Jusqu’à maintenant, tout ou presque ce que j’ai écrit sur Marie Range l’était plus ou moins avec le fantôme de cette petite fille. Combien de fois j’ai repris des phrases, en me disant « rooooh, non, ça je peux pas l’écrire comme ça, ça se fait pas ». Sauf qu’en faisant ça, non seulement je ne m’amusais qu’à moitié, mais surtout je mentais à tout le monde. A toi et à moi. Pour te dire, j’ai tellement l’habitude, qu’en prenant des notes pour moi, j’ai réussi à reformuler mon idée de manière politiquement correcte, comme si j’avais peur de me froisser. Et ouais.

La manière d’écrire me ressemble plus, mais je ne m’arrête pas là. Jusqu’à il y a peu, TOUTES les versions du site sur lesquelles j’ai travaillé avaient des dominantes bleues. Le sérieux, la rigueur, toussa toussa. Et bizarrement, toutes ces versions me plaisaient sans pour autant être totalement en phase avec ce que je voulais. Impossible de savoir pourquoi il y avait toujours un truc qui clochait.

poudre de couleurs
Et voilà, tout va mieux sur Marie Range depuis que j’y ai mis de la couleur… Tu as échappé aux paillettes, c’est déjà pas mal !

Tu sais quoi, depuis que j’ai remis du rose (enfin du « corail ») partout, cette impression négative est partie. LÀ le site me ressemble. Et ce qui est drôle, c’est que ça a fait remonter un vieux souvenir. En CP, ma maîtresse d’alors, pour je ne sais quelle raison, m’avait dit qu’aimer le rose, ce n’était pas bien. Je l’ai écouté pendant des années, avant de finalement me dire qu’il n’y avait aucune bonne raison pour ne pas suivre ce que j’aimais. C’est un détail infime, ça prête même à sourire, mais que ce souvenir soit revenu, juste au moment où je faisais la refonte visuelle du site, n’est pas anodin : aujourd’hui, même dans le visuel, je ne veux plus mettre de masque et cacher mes goûts car ce serait mentir sur qui je suis. Et ça, ce n’est plus possible.

Une femme imparfaite… qui n’a pas peur de le dire

Si je me suis lancée dans tout ce projet, c’est bien que j’en avais ras la moule (oui, j’aime beaucoup cette expression au comble de la vulgarité, mais tellement véridiquement imagée) de voir toujours les mêmes choses : des nanas qui suivent et paraphrasent toutes les théories à la mode, qui suivent des préceptes généraux et inadaptés comme des toutous et surtout, surtout, vivent en dehors de la réalité. Je me fous de tout ça. En vrai, je ne lis pas les magazines féminins. Je ne bave pas devant des intérieurs blancs comme neige et froids comme la banquise – ah non merde, la banquise c’est plus ce que c’était – hum, comme une vieille Anglaise.

Chez nous (parce que oui, ce n’est pas chez moi, c’est chez mon chéri, mon fils et moi), c’est régulièrement le bordel parce que j’en veux trop et que pour l’instant je suis trop obnubilée par cette quête de moi-même et le blog pour être plus investie dans le côté organisationnel de mon avenir pro et donc l’organisation de la maison. Non, on ne mange pas (seulement) bio, locavore, sain et encore moins sans gluten, sans lactose et avec beaucoup de bobotitude. Le Mcdo a voix au chapitre ici, tout comme le bon vieux kebab bien gras et les sodas bien chimiques. Et surtout, surtout, on élève notre fils dans le bon sens sans se laisser dicter notre comportement par des théoriciens de la bien-pensance qui sont en totale décalage avec la réalité. Ne pas dire de noms, ne pas dire de noms.

Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Bref, on dit merde à cette sagesse ambiante. Et moi, j’ai dit zut, flûte, crotte à cette petite fille trop sage (c’est récent alors vous pardonnerez les quelques rechutes). Et j’ai décidé de l’utiliser plutôt que de me battre contre elle ou de la laisser me mener par le bout du nez. Alors si je reprends le même ton que ces filles, à quoi je servirai ? Je vais servir du caviar comme de la soupe, c’est-à-dire sans aucune passion ni partage (de moi-même j’entends) ?

coeur en barbelés
Je mets tout mon coeur, toute mon âme sur Marie Range… hum ok, trop Bisounours, mais je n’ai pas trouvé plus glauque ou plus sanglant !

Ben non. Ce n’est pas moi. C’est au-dessus de mes forces de faire semblant plus de cinq minutes dans la vraie vie. Alors pourquoi ce serait différent sur Marie Range ?Je suis convaincue que mes idées sont bonnes et que je peux réussir et aider du monde. Mais si je veux que ça marche, je dois me montrer telle que je suis. J’ai lu tellement de fois qu’il fallait trouver sa valeur ajoutée quand on blogue. Ben voilà : ma valeur ajoutée à moi, c’est d’être honnête, franche, directe et efficace.

Voilà le pourquoi du comment de ce billet et surtout le ton avec lequel il est écrit. Ce que vous lisez là, c’est MOI. C’est la façon dont je parle en vrai de vrai ou presque, parce que la Manange, elle n’est pas à l’aise à l’oral, donc elle écrit mieux qu’elle ne cause.

Quitte ou double

C’est ce qu’on appelle la roulette russe (ou bulgare dans mon cas) : ça passe ou ça casse. Mais je crois que si je n’avançais pas, en dehors des contraintes pratiques, c’était à cause de ça. J’avais créé le monstre de Marie Rangestein et je perdais du temps à le nourrir et à faire grandir un être bancal et tout sauf naturel. Et qu’il est donc voué à se péter la gueule un jour ou l’autre.

Voilà, là j’ai tout fait tomber pour reconstruire comme MOI, le vrai moi, le veux. Je vais en bousculer du monde, parce que dans le fond, je suis une fine bourrine – c’est-à-dire que j’analyse les choses pas trop mal, que j’ai de bonnes voire très bonnes idées et que je sais de quoi je parle, mais je n’ai pas toujours une manière très douce de les exprimer – mais ça ne me dérange pas.

Je préfère marquer, aider, faire avancer des gens qui auront apprécié mon style, ma franchise, mon honnêteté, même si le nombre est plus réduit, plutôt que d’avoir un consensus derrière moi, mais pour des choses qui ne me ressemblent pas tout à fait. Je critique assez les gens qui n’agissent pas et ne sont pas cohérents avec eux-mêmes pour devenir ce type de personne. Pouah caca beurk !

Comme quoi, les changements de thèmes WordPress peuvent amener loin, très loin…

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